ERNESTO NETO
LE CORPS QUI ME PORTE

14 février, 2014 - 18 mai, 2014

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Exposition parrainée par:

Ernesto Neto: le corps qui me porte
L’EXPOSITION

L’artiste brésilien Ernesto Neto ─qui se définit lui-même comme sculpteur — conçoit ses œuvres de manière à ce qu’elles puissent être traversées, habitées, ressenties et même senties, permettant ainsi au spectateur d’utiliser l’œuvre d’art pour expérimenter avec son propre corps, ses sens et son esprit. Le visiteur interagit avec les autres personnes du public et son entourage, en se voyant immergé dans une fusion de sculpture et d’architecture. Neto affirme: «Ce que nous avons en commun est plus important que ce qui nous différencie. J’aime discuter sur la situation de l’Humanité, sur la température des choses que nous vivons. Sur les choses qui passent. Sur le langage». Pour cela, il étudie les aspects les plus courants des relations humaines à travers des sculptures qui appellent à la sensualité, à la corporalité et à la réflexion.

L’exposition se déroule en étroite collaboration avec l’artiste et se conçoit comme un parcours extrêmement dense dans lequel le visiteur vit toute l’essence du travail de l’artiste ; une expérience d’odeur, de couleur, d’émotion et de langage, d’événements sensoriels. Pour Neto, une exposition est un lieu pour la poésie, où le visiteur peut s’échapper du quotidien : «Nous recevons constamment des informations, mais ici, je veux que nous cessions de penser. Nous réfugier dans l’art. Je crois que ne pas penser est bon, on respire la vie». Le voyage commence dans l’Atrium du Musée, présidé par une grande œuvre suspendue au plafond, et se poursuit dans les huit salles du deuxième étage. Chaque salle propose au spectateur une expérience différente et requiert son propre rythme pour sa contemplation ou son interaction.

Ernesto Neto: le corps qui me porte
L’ARTISTE

Ernesto Neto est l’un des artistes brésiliens les plus importants. Ses sculptures évocatrices constituent des habitats qui nous enveloppent, lorsque nous y pénétrons, dans un univers de sensations. En 1995 il commence à exposer ses sculptures sur le circuit artistique international; et depuis, ses œuvres ont été présentes dans d’importantes expositions dans des galeries et des musées partout dans le monde.

EN SAVOIR PLUS

ERNESTO NETO
Rio de Janeiro (Brésil), 1964

1964 Naissance d’Ernesto Saboia de Albuquerque Neto à Rio de Janeiro (Brésil), où il réside et travaille actuellement.

1988 Première exposition individuelle à la Petite Galerie, à Rio de Janeiro.Il produit les premières Colônias: des groupes de sculptures réalisées en bas en polyamide remplis de petites billes de plomb.

1990 Il reçoit le Prix Brasilia des Arts Plastiques.

1992 Il expose au Museu d’Art Moderna de São Paulo (Brésil).

1994-1997 Il étudie à la Escola de Artes Visuais do Parque Lage et au Museu de Arte Moderna de Rio de Janeiro.

1995 Premières expositions individuelles à l’étranger Participation à la Biennale Internationale de Gwangju (Corée).

1996 Il commence à incorporer l’odeur comme élément de ses sculptures, en remplissant des pièces en tissu translucide d’épices aux arômes et couleurs divers.

1997 Premières sculptures dénommées Naves, des structures en tissu transparent et flexible que le public peut toucher et pénétrer. Il expose à la Fundação Cultural do Distrito Federal de Brasilia.

1998 Exposition au Musée d’Art Carrillo Gil de Mexico et participation à la 24e Biennale Internationale de São Paulo et à la 11e Biennale de Sydney.

1999 Première exposition individuelle aux États-Unis, au Contemporary Arts Museum de Houston (Texas, États-Unis), sous le titre Nhó Nhó Nave. Il participe à la Biennale de Liverpool et au Carnegie International de Pittsburgh (Pennsylvanie, États-Unis).

2000 Il expose au Museu d’Art Moderna de Rio de Janeiro le projet réalisé à l’occasion de son mariage : O casamento: Lili, Neto, Lito e os loucos.

Ses œuvres sont présentées à l’Institute of Contemporary Art de Londres, à l’University of Essex de Colchester (Royaume Uni), au SITE de Sante Fe (Nouveau Mexique, États-Unis) et au Wexner Center for the Arts de Colombus (Ohio, États-Unis).

2001 Avec Vik Muniz, il représente son pays à la 49e édition de la Biennale de Venise en exposant dans le pavillon du Brésil deux installations. Son œuvre Ô Bicho! est présente dans l’exposition collective internationale Plateau of Humankind à l’Arsenale de Venise.

Il réalise sa première exposition individuelle dans une institution espagnole : Ernesto Neto, a paisagem do corpo e o corpo da paisagem, organisée par le Centro Galego de Arte Contemporánea (CGAC) de Saint-Jacques de Compostelle.

Il présente ses installations A Maximum Minimum Time Space Between Us and the Parsimonious Universe, au Berkeley Art Museum (Californie, États-Unis) et Humanóides au Kölnischer Kunstverein de Cologne.

2001-2002 Participation à l’exposition itinérante Brazil: Body and Soul, organisée par le Solomon R. Guggenheim Museum de New York.

2002 ELe Hirshhorn Museum and Sculpture Garden de Washington, le Kunsthalle Basel, le Württembergischer Kunstverein de Stuttgart et l’Art Gallery of New South Wales de Sydney présentent des expositions de ses oeuvres.

2003 Le Museum of Contemporary Art (MOCA) de Los Angeles expose l’installation Three Religions, No God and the Children au Pacific Design Center.

2004 Présentation, à l’occasion de l’exposition internationale de sculpture Lustwarande 04, dans le musée De Pont (Tilburg, Pays-Bas), de l’oeuvre A Contemporary Woman and the Shadow of the Wind.

2005 Exposition à l’Indianapolis Museum of Art (Indiana, États-Unis).

2006 Il est nommé Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en France pour la réalisation de l'installation à emplacement spécifique Le corps féminin qui tombe du Panthéon de Paris. Le centre Malmö Konsthall, en Suède, présente une sélection de ses œuvres.

2007 Réalisation d’une installation pour le Museum of Contemporary Art (MCASD) de San Diego (Californie, États-Unis) à l’occasion de l’inauguration de nouveaux espaces d’exposition.

2008 Première exposition individuelle en Italie, au Museo d'Arte Contemporanea di Roma (MACRO.

2009 Il réalise, au Park Avenue Armory de New York, l'installation Anthropodino, en envahissant les 5.100 mètres carrés du Wade Thompson Drill Hall de structures en tissu transparent et en bois.

Le Musée des Beaux–Arts de Nantes présente la pièce A culpa Civilizada qui reproduit en partie l’oeuvre Le corps féminin qui tombe.

2010 La Hayward Gallery, Southbank Centre (Londres) présente l’exposition The Edges of the World. C’est la première installation de l’artiste en plein air.

Inauguration des expositions: Dengo au Museu de Arte Moderna de São Paulo, Intimacy à l’Astrup Fearnley Museet d’Oslo (Norvège) et Dancing Allowed au Contemporary Arts Center de Cincinnati (Ohio, États-Unis). Le Museum of Modern Art (MoMA) de New York installe l’oeuvre Navedenga (1998), qui fait partie de sa collection. .

Participation à la 29e Biennale de São Paulo

2011 Le Museo de Arte Contemporáneo (MARCO) de Monterrey (Mexique) présente l’exposition anthologique La lengua de Ernesto - Obras 1987-2011, qui s’accompagne d’une importante publication.

Présentation de l’exposition Hipercultura locura en el vértigo del mundo au Faena Arts Center de Buenos Aires et participation à la 12e Biennale d’Istanbul.

2012 Installation à emplacement spécifique au Nasher Sculpture Center de Dallas, formée de structures métalliques qui dialoguent avec l’architecture de l’édifice conçu par Renzo Piano.

Installation de Life is a body we are part of — A vida é um corpo do qual fazemos parte, dans l’Espace Louis Vuitton de Tokyo, et d’O Bicho SusPenso na PaisaGem à la Estação Leopoldina de Rio de Janeiro.

2013 Exposition au Palazzo Doria Phamphilj, siège de l’Ambassade du Brésil à Rome. Participation à la 30e Biennale de São Paulo et à la 11e Biennale de Sharjah (Émirats Arabes Unis).

Ernesto Neto: le corps qui me porte
SECTIONS

Salle 208
C’est la vie

Cette sculpture multicolore suspendue au plafond est réalisée à la main avec la technique du crochet. Elle symbolise la conception que l’artiste a de la vie, dans laquelle selon lui il n'existe pas de séparation entre les personnes et la nature.

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La pièce La vie est un corps dont nous faisons partie (Life is a Body We are Part of−A vida é um corpo do qual fazemos parte) a été créée à l’occasion de l’exposition Madness Is Part of Life, organisée dans l’Espace Louis Vuitton de Tokyo en 2012. Cette sculpture multicolore suspendue au plafond et réalisée à la main avec la technique du crochet. Symbolise la conception que l’artiste a de la vie, dans laquelle selon lui il n'existe pas de séparation entre les personnes et la nature. Divisée en deux parties, la masculine – le couloir suspendu – et la féminine – la plateforme du dessus —, cette pièce reproduit la fécondation, le moment où un spermatozoïde féconde un ovule, le commencement de la vie.

L’artiste a commencé à utiliser le crochet en 1994, son intention étant de fabriquer des tissus sans coutures. Depuis, il a utilisé la même technique manuelle pour fabriquer des cellules circulaires et former des murs qu’il remplit ensuite de boules en plastique. Neto manifeste sa préférence à travailler avec des matériaux et à réaliser des activités traditionnellement attribuées à la femme. À ce sujet, l'artiste explique: «J’adore l’idée de continuité entre l’\homme et la femme, au sens moral, mais aussi au sens psycho topologique. Femelle et mâle sont seulement négatif et positif. C’est comme le vide d’une sculpture : vous avez un modèle et un moule. J’aime beaucoup cette ambigüité».

Neto affirme que durant des années, il a voulu se déplacer à travers l’espace, au-dessus du sol, ou dessiner une ligne qui permettrait de grimper et de flotter dans l’air, dans l’atmosphère. Avec la pièce La vie est un corps dont nous faisons partie, il s’est proposé de créer une légère sensation de vertige. L’artiste nous invite à réfléchir sur la stabilité, une condition qui semble parfois aller de soi, et à remettre en question «notre façon de nous déplacer, de désirer et de craindre».

Quatre personnes seulement peuvent accéder à cette pièce en même temps. Pour cela, le visiteur devra se débarrasser de divers objets personnels tels que chaussures, sacs et autres, y compris l’audio-guide, qui pourraient s’accrocher dans le tissu de la pièce. Afin de faciliter l’accès de cette pièce au plus grand nombre de visiteurs possible, le public ne devrait pas rester à l’intérieur plus de 15 minutes. Le visiteur devra récupérer ses objets personnels à la sortie. L’interaction avec les pièces est interdite aux moins de 13 ans.

Lieu dessin (Lugar Desenho, 2002) permet aussi l’interaction du public. Plusieurs activités se dérouleront dans cet espace du mardi au dimanche, à des heures concrètes.

Atrium
Pourquoi retournes-tu à Rome ?

Dans Le corps féminin qui tombe (de Léviathan Thot), le volume blanc, énorme, suspendu au plafond au-dessus du spectateur, semble prêt à respirer. Ses extrémités, longues et molles, tombent lourdement, évoquant la pesanteur qui nous ancre à la terre. La structure est souple, sensuelle et transitoire, comme nos propres corps.

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Ernesto Neto réalise la pièce Le corps féminin qui tombe (de Léviathan Thot) [O corpo que cai (Le corps) fêmea (de Léviathan Thot), 2006] pour le Panthéon de Paris, un édifice converti après la Révolution Française en un monument à l’idéologie humaniste. Cette construction est le symbole d’une époque, celle de la révolution de la politique moderne et de la science, le symbole de l’avènement de la société contemporaine occidentale. Aujourd’hui, la pièce est installée dans l’Atrium du Musée Guggenheim Bilbao. Selon l'artiste, aucun édifice comme ce Musée ne représente aussi bien l’architecture contemporaine ; Neto assimile la création de Gehry à un symbole ou élément emblématique de notre temps.

Au milieu des années quatre-vingt-dix, l’artiste abandonne le langage géométrique de ses premières œuvres et commence à remplir des pièces en polyamide de matériaux divers — boules en mousse de polystyrène, farine ou épices — afin de créer des formes ressemblant au corps humain ou à d’autres organismes vivants. Dans Le corps féminin qui tombe (de Léviathan Thot), le volume blanc, énorme, suspendu au plafond au-dessus du spectateur, semble prêt à respirer. Ses extrémités, longues et molles, tombent lourdement, évoquant la pesanteur qui nous ancre à la terre. La structure est souple, sensuelle et transitoire, comme nos propres corps.

Les chaises longues à roulettes de l’œuvre Regarder le ciel (Olhando o céu, 2013) permettront au visiteur de contempler cette installation depuis d’autres points de vue et de se déplacer dans l’Atrium en poussant avec ses pieds. Ils pourront être utilisés à certaines heures du mardi au dimanche. Il est possible qu’à certains moments elles soient en cours de maintenance. Les animateurs du Musée fourniront plus d’information sur l’œuvre et l’artiste.

Salle 203
Troc troc

En faisant du troc, nous conférons plus d’importance à la justice, à l’équité et aux valeurs humaines essentielles. Nous tenons davantage compte de nos besoins réels, des besoins des autres et de la planète que nous partageons.

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Dans cette salle, Neto va encore plus loin dans son affirmation de connexion existant entre les êtres humains. Le centre de cette installation est constitué d’objets de la vie quotidienne, autour desquels ont été disposés plusieurs sacs en papier remplis de billes de verre.

Dès le premier jour de l’exposition, le visiteur pourra échanger l’un de ces objets contre un autre qu’il aura lui-même apporté (maximum 30 x 30 cm de base). Ainsi, tout au long de l’exposition, les articles changeront grâce à la participation du public. Ces objets, venus de partout, se disperseront dans la ville ou peut-être dans le monde entier. Le visiteur participe ainsi à l’œuvre.

Pour la création de cette installation, Neto s’est inspiré de l’essor des réseaux d’échange qui ont surgi dans le monde en réponse aux limitations du système économique. Grâce au troc, nous renforçons les principes de justice et d’égalité, de même que les valeurs humaines fondamentales, et nous tenons davantage compte de nos besoins, de ceux des autres et de ceux de la planète, que nous partageons entre tous.

Du mardi au dimanche, à des heures concrètes, les éducateurs du Musée géreront les échanges des objets de l’installation Troc troc et informeront le visiteur sur les œuvres exposées et sur l’artiste.

Salle 202
Je vends des bonbons

Ernesto Neto nous invite à plonger dans la bouillonnante culture populaire de sa ville natale, Rio de Janeiro, et à imaginer que vous flâniez dans ses rues.

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Avec cette installation, Ernesto Neto nous invite à plonger dans la bouillonnante culture populaire de sa ville natale et à y participer à part entière. Nous sommes entourés de mètres et de mètres d’un énorme maillage élaboré au crochet avec des fils de toutes les couleurs.

“Baleiro Bala” (titre de cette section en portugais) est une chanson d’une école de samba qui raconte l’histoire d’un camelô ou vendeur ambulant de bonbons dans l’un des quartiers les plus pauvres de Rio de Janeiro, près des voies ferroviaires. En s’inspirant de ce personnage, exemple de survie de l’être humain, l’artiste cherche à exprimer et à revendiquer la culture populaire brésilienne à travers certains de ses éléments les plus représentatifs. Les fils rouges, jaunes, bleus, orange, violets et verts, tissés dans un atelier proche du studio de Neto, sont noués au plafond, formant un immense filet. Où que nous regardions, nous découvrons de longues colonnes tombant sous le poids de leur contenu. Certaines sont en partie remplies de canettes de bière ou de sodas de la même couleur ; d’autres contiennent de grosses noix de coco vertes ou d’autres encore, les typiques boules de polystyrène.

Dans cette section, le visiteur peut utiliser les instruments de musique qui se trouvent dans la salle, en faisant très attention et en respectant l’ordre d'arrivée.

Des icônes orienteront le visiteur sur l’utilisation des différents éléments.

Salle 206
Doux bord

Le bord n’est pas une limite inamovible, mais une ligne perméable : c’est précisément aux bords que se trouve la vie, que conflue l’organicité des corps.

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Le bord peut être pris au sens de délimitation des choses, d’interruption entre un corps et un autre. Pourtant le bord n’est pas une limite inamovible, mais une ligne perméable : c’est précisément aux bords que se trouve la vie, que conflue l’organicité des corps. Le bord implique sa propre dissolution et met les choses en contact, permet la communication et connecte tout.

Dans la profondeur de la forêt, entre les lumières et les ombres qui filtrent à travers les cimes des arbres, dans les nuances infinies du vert, les limites des choses ou «bord » se confondent quasiment. L’artiste «construit» ici sa propre forêt, dans laquelle un horizon de polyamide tamise la lumière. En certains endroits, le tissu tombe sous le poids des épices qu’il renferme.

Comme des êtres habitant cette forêt, les pièces Copulonia (2013), Labioides (Lipzoids, 2013) et Réunion d’ovoïdes (The Ovaloids’ Meeting, 1998) cohabitent dans cet espace conçu pour la contemplation.

« Mon travail veut créer une ligne continue entre le corps et le paysage. Nous-mêmes, notre intérieur, sommes une forêt composée de trois mille milliards de cellules, qui à leur tour cohabitent avec les bactéries nécessaires au fonctionnement de notre organisme. » Neto souligne ainsi la vie commune, la cohabitation, ce besoin de l’autre pour vivre et pour survivre.

La disposition de la salle évoque les huni kuin, un peuple de tradition chamanique du nord du Brésil qui utilise ses connaissances ancestrales pour pratiquer des rituels qui recherchent la connexion directe avec la nature. Cet espace du Musée accueille feuSacré dessinBrûlé (fogoSagrado desenhoQueimado, 2013), une œuvre qui se compose de près de cent bougies, qui seront allumées une à une tous les jours. Quand toutes se seront consumées, les restes de cire formeront naturellement un dessin.

Des icônes orienteront le visiteur sur l’utilisation des différents éléments. Veuillez traiter les œuvres avec le plus grand soin.

Salle 207
Le frêre de la montagne

« Je vois en grande mesure le corps comme un paysage – comme une mer, un champ — et la sculpture aussi est un paysage».

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La pièce Le temps lent du corps qui est peau (O tempo lento do corpo que é pele, 2012) est une sculpture informe élaborée à base de nozinhos ou petits nœuds, une technique de tissage populaire originaire des montagnes proches de Rio de Janeiro.

Neto associe les concepts de peau et de paysage : «L’idée de la peau est très importante dans toutes mes œuvres. La peau comme lieu d’existence, comme lieu de dialogue entre nos vibrations internes et externes. Je vois en grande mesure le corps comme un paysage – comme une mer, un champ — et la sculpture aussi est un paysage. Le regard vers notre intérieur, l’introspection, est une pratique constante actuellement, qui sert d’inspiration à mon œuvre : le micromonde du paysage, le paysage biologique. O tempo lento en est un exemple clair : on peut y voir une montagne et/ou un animal (…) Cette pièce sert à expliquer l’idée de la transition du corps vers le paysage. Une transition fondamentale. Habituellement, mes œuvres sont transparentes, la partie textile des pièces apporte cette transparence. Dans cette œuvre, c’est tout le contraire qui se produit. Le contenu est invisible et le tapis montre son propre volume et peut-être, symboliquement, le volume de quelque chose de caché. L’espace-temps dans cette pièce est plus associé aux petits nœuds, aux cellules, qui se créent à la surface. La pièce a été confectionnée par la coopérative de femmes COOPA-ROCA. Pour moi, il y a quelque chose d’intéressant sur le temps qu’elles mettent à réaliser leur travail, nœud après nœud, sur le temps qu’elles mettent à révéler le contenu invisible».

Salle 205
La maison des rêves

Les couleurs sombres de Lèvres de pierre, seins de poivre, amour de clou de girofle, grenouille de brouillard évoquent la terre de nuit, le ciel étoilé, l'animal nocturne.

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Dans la langue des indigènes tupi-guarani qui habitent la région de Rio de Janeiro, le terme oca définit un logement communal, construit de manière collective et utilisé par une ou plusieurs unités familiales. Oca désigne aussi, dans certains cas, un lieu de réunion et de vie commune, où toute la tribu célèbre des rituels et partage des héritages ancestraux : une maison de la connaissance en quelque sorte. Dans le cas de Neto, cette maison est habitée par des rêves ; la oca est un animal vivant et prend la forme de Lèvres de pierre, seins de poivre, amour de clou de girofle, grenouille de brouillard (Stone Lip, Pepper Tits, Clove Love, Fog Frog, 2008).

Dans d’autres œuvres antérieures, Neto s’est servi de l’architecture comme d’un coquillage. Les pièces constituaient la partie molle du «corps» et l’architecture, la coquille ou la membrane qui l’enveloppe. Dans ces pièces, l’artiste a ajouté quelques structures osseuses pour créer un espace à l’intérieur d’un autre espace, un élément qu’on peut aussi observer dans cette œuvre. Lèvres de pierre, seins de poivre, amour de clou de girofle, grenouille de brouillard a été réalisée dans des couleurs sombres, évoquant la terre de nuit, le ciel étoilé, l'animal nocturne.

À l’entrée de cette œuvre, des pierres tirent le tissu vers le bas, étirant complètement la pièce. La présence de deux «gouttes mâle» remplies de poivre et d’une «gouttes femelle» remplie de clous de girofle, éveille notre sens de l’odorat et nous pousse à la rêverie.

Des icônes orienteront le visiteur sur l’utilisation des différents éléments.

Galería 204
Manger avec les yeux

Les détails de ces photographies de sculptures, ainsi que les petites plantes présentées près des images, nous transmettent l’idée du temps qui passe, de la vie en pleine croissance.

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Comme la majeure partie de l’œuvre de Neto, cette photo en couleur évoque le corps humain. Lors d’une visite au Nasher Sculpture Center de Dallas, Neto prit une série de premiers plans des œuvres ; en s’approchant autant des pièces, il cherchait à «montrer des détails, éraflures et autres particularités». Selon l’artiste, «ces images avaient commencé à danser entre elles, révélant leur sexe et leur libido, tout en restant innocentes et ambigües». Une de ces photographies est présentée ici ; sa signification se complète des petites plantes posées sur des étagères, qui transmettent l’idée d’une vie en croissance constante.

Salle 209
N’aie pas peur du chaos

L’artiste a consacré cet espace à sa vie personnelle et intime.

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Cet espace est consacré à la vie personnelle et intime de l’artiste. Neto y a créé un tunnel blanc, transparent et lumineux, dans lequel on peut se déplacer. Avec sa présence, le visiteur modifie la forme de l’installation lorsque ses pieds appuient sur le sol en polyamide, ce qui l’étire et le tend. Le plafond, également confectionné en polyamide, déforme notre vision de l’extérieur. Ernesto Neto est très intéressé par cette impression de fusion, par la façon dont nos rencontres intimes nous transforment, peut-être, en quelque chose de supérieur à nous-mêmes.

La pièce Nef Utérus Chapelle II (NaveÚteroCapela II, 2013), qui domine la salle, est une version à petite échelle de l’installation qui a servi de scène au mariage de l’artiste avec Lili, sa compagne (alors enceinte de leur premier enfant, Lito), qui eut lieu en 2001, pendant l’inauguration privée de l’exposition Le mariage – Lili, Neto, Lito et les fous, au Museu de Arte Moderna do Rio de Janeiro. À cette cérémonie nuptiale, présidée par les amis de l’artiste, n’assista aucune autorité civile ni religieuse, puisque Neto conçoit son mariage comme une célébration publique de son intimité. Dans la même idée de partager sa vie personnelle avec les autres, l’artiste montre dans cette salle trois projections : la première avec des photographies que Neto a prises de ses amis à la plage ; la seconde, avec des images prises dans son appartement jusqu’au petit matin. ; et dans la troisième projection on peut voir des photographies de son mariage.

Vous pourrez accéder à l’œuvre de 16h00 à 19h00 ; 5 personnes seulement pourront y être présentes simultanément. Déchaussez-vous avant d’entrer dans cette salle. Veuillez respecter l’ordre d’arrivée. Faites très attention lorsque vous explorerez ces œuvres. Dix personnes seulement peuvent accéder à cette salle en même temps, afin de préserver l'intégrité des œuvres.

Ernesto Neto: le corps qui me porte
ACTIVITÉS

Activité réservée exclusivement aux Amis du Musée
AMIS D’ERNESTO NETO

Vous aimeriez participer au montage de certaines des œuvres de l’exposition, au tournage du spot ou aux photos qui serviront à la publicité de l'exposition ?

En tant qu’Amis du Musée, vous avez la possibilité unique de vous impliquer et de participer au montage de cette exposition. Si vous êtes intéressé, appelez avant le 3 février le +34 944 359 012 pour plus d’informations.

Places :
Maximum : 15 personnes (Amis du Musée uniquement).
DEVENEZ AMI


ATELIERS TISSER DES LIENS D’AMITIÉ

Atelier de crochet I : avec l'équipe d’Ernesto Neto

Activité réservée exclusivement aux Amis du Musée

Nous poursuivons notre programmation d’ateliers Faites-le vous-même! en nous penchant à cette occasion sur l’œuvre de l’artiste Ernesto Neto. Pour savoir comment il utilise le crochet dans ses créations, et à l’occasion du montage de l’exposition, certains des collaborateurs de l’artiste nous expliqueront le processus de création de ces ouvrages au cours d’une séance exclusive pour les Amis du Musée.

Atelier de crochet II

Atelier de deux séances pour débutants

Atelier d’une séance pour les participants qui possèdent des connaissances préalables

L’esprit social du premier atelier de crochet continuera de se propager grâce à d’autres ateliers de cette même technique qui nous permettront d’inventer nos propres modèles. Participez à une activité de détente et pleine de couleur qui vous permettra de faire de nouvelles connaissances et d’emporter chez vous une création pratique.

Atelier de senteurs

Atelier d’une séance

Découvrez les arômes des fleurs et des épices qu’Ernesto Neto incorpore dans certaines de ses œuvres, en vous laissant guider par le goût exquis de Viki Fernández, directrice de la fleuristerie et parfumerie Ruiz de Ocenda et le nez privilégié de Maddalen Marzol, créatrice du blog El tocador de Dorothy. Au cours de cet atelier d’initiation au parfum, vous créerez votre propre fragrance personnalisée, que vous pourrez ensuite emporter chez vous.



CONVERSATION AVEC ERNESTO NETO

Activité gratuite

Pour profiter de la présence dans le Musée d’Ernesto Neto, à l’occasion de l’inauguration de l’exposition, une conversation sera organisée. Une rencontre qui promet d’être intéressante, inspiratrice et participative, comme les propres œuvres de Neto.



RÉFLEXIONS PARTAGÉES

Découvrez les œuvres les plus représentatives, les dessous du montage et d'autres curiosités de l’exposition Ernesto Neto : le corps qui m’emporte, au cours de ces visites uniques accompagnées par des professionnels du Musée.

Ernesto Neto: le corps qui me porte
LE SAVIEZ-VOUS ... ?

Plusieurs pièces de l’exposition vous offrent la possibilité d’interagir avec elles : grimper dessus, vous allonger, réfléchir et même partager depuis leur intérieur vos expériences avec d’autres visiteurs. Le Personnel d’Orientation sera présent auprès d’elles pour indiquer aux visiteurs comment participer. Dans l’Atrium par exemple, vous pourrez vous allonger dans des chariots à roulettes pour contempler au plafond l'œuvre spectaculaire de Neto, Le corps féminin qui tombe, et admirer l’édifice de Frank Gehry depuis une perspective complètement inédite. Dans les galeries 203 et 208 respectivement, les œuvres Troc, troc et Lieu Dessin, seront également animées tous les jours par le Personnel d’Orientation, de 11 h à 14 h.


LE SAVIEZ-VOUS ... ?

Ernesto Neto incorpore dans ses créations des ingrédients aux fortes connotations sociales et représentatifs de la culture populaire brésilienne, qui vont depuis l’emploi du crochet traditionnel jusqu’à l’utilisation d’instruments qui évoquent les rythmes des rues, ou des fruits et des épices… Découvrez ses couleurs, ses textures, ses rythmes et ses odeurs dans les ateliers que nous avons organisés pour l’occasion.

VOIR ACTIVITÉS